lundi 16 décembre 2013

L'IPD annonce des jours meilleurs pour l'économie du Québec

L'indice précurseur Desjardins (IPD) a de nouveau augmenté en octobre dernier, selon l'analyse et les données publiées le 16 décembre sur le site Internet de Desjardins. L'évolution récente de cet indice  laisse présager une croissance modérée de l'économie du Québec au cours des prochains mois. L'IPD a progressé de 0,4 % en août, de 0,5 % en septembre et de 0,6 % en octobre.

En outre, les organismes qui publient des prévisions estiment que l'économie du Québec devrait croître de plus ou moins 2 % en 2014, ce qui serait une nette amélioration par rapport à 2013, où on anticipe une croissance d'un peu plus de 1 %, et à 2012 (1,5 %).

Détails à : http://www.desjardins.com/ressources/pdf/ipd1213f.pdf?resVer=1387205082000

lundi 9 décembre 2013

Économie mondiale : signaux d'amélioration

Les perspectives économiques à court terme continuent de s'améliorer dans les pays de l'OCDE, entre autres dans la zone euro, si l'on se fie à l'évolution récente des indices des indicateurs avancés de cet organisme. On discerne aussi des signes de regain chez les principales économies émergentes.

Si cette tendance se confirme, le FMI pourrait bien revoir à la hausse ses perspectives de croissance de l'économie mondiale pour 2014. La prochaine mise à jour des Perspectives de l'économie mondiale devrait être publiée en janvier prochain.



Détails à : http://www.oecd.org/fr/std/indicateurs-avances/indicateurscompositesavancesdelocde-miseajourdecembre2013.htm

vendredi 6 décembre 2013

Économie canadienne : faut-il s'habituer à une croissance modérée?


Vous vous souvenez probablement des croissances annuelles du PIB réel du Canada à 4 % et même 5 % à la fin des années 1990 et en l’an 2000. Ensuite, l’économie a continué de croître, mais moins rapidement, exception faite de 2009 où il y a eu contraction de la production totale. Dans  les meilleures années, la croissance a atteint un peu plus de 3 %, la plus récente, dans cet ordre de grandeur, étant 2010 (3,4 %), année à l’intérieur de la période de reprise suivant la dernière récession, où l’on s’attend normalement à une progression relativement rapide de l’activité économique.

En fait, depuis la fin de la récession, à la mi-année 2009, l’économie a progressé à un rythme modéré et assez soutenu, comme l’indiquent bien les deux graphiques qui suivent, l’un sur le PIB et l’autre sur l’emploi. Ce n’est pas toujours évident lorsque l’on s’arrête aux chiffres d’un mois ou d’un trimestre à l’autre, mais, ici, la tendance apparait clairement. D’ailleurs, on perçoit bien que, au cours de la phase actuelle d’expansion, cette tendance est semblable à celle observée dans les dernières années de la phase précédente.

Canada : PIB réel, évolution trimestrielle

 ( données  annualisées, millions $ enchainés 2007)

 Source : Statistique Canada
 


Canada : Emploi total, évolution mensuelle
 ( en milliers)


 Source : Statistique Canada

Cependant, que nous réservent les mois et les années à venir?
Les indicateurs avancés mensuels de l’Institut Macdonald-Laurier et de l’OCDE laissent présager que l’expansion se poursuivra au cours des prochains mois, bien qu’à un rythme allant de modeste à modéré. Les organismes qui publient des prévisions de croissance (FMI, OCDE, Banque du Canada, etc.) estiment que l’activité économique au Canada devrait progresser de plus ou moins 2,3 % en 2014. En 2015, la croissance pourrait être légèrement plus rapide. Ces projections doivent toutefois être tempérées par l’estimation de la Banque du Canada quant à la croissance de la production potentielle; celle-ci n’augmenterait que de près de 2% par année à court et moyen terme*. Ainsi, aucun retour aux années fastes de la fin des années 1990, mais pas non plus de scénario  de stagnation ou de contraction de l’activité économique. Il faut donc continuer de s’accommoder d’une croissance modérée.
Enfin, comme il se doit, ces prévisions de croissance sont enrobées de risques à la baisse et à la hausse en fonction notamment de l’évolution de la conjoncture internationale, de l’accentuation ou non de la désinflation, d’une éventuelle correction importante du marché de l’habitation au Canada ou des conséquences de la dépréciation de la valeur du dollar canadien. Ces risques, et bien d’autres événements à venir non prévus, permettent habituellement d’expliquer pourquoi le scénario de référence ne s’est pas réalisé.
*Banque du Canada, Rapport sur la politique monétaire, annexe A, octobre 2013.

mardi 19 novembre 2013

La croissance de l'économie mondiale en 2014

L'OCDE a publié le 19 novembre la révision semestrielle de ses «Perspectives économiques». Ses analystes prévoient que le PIB mondial devrait croître de 3,6 % en 2014. Cette projection est identique à celle du FMI publiée en octobre dernier, et légèrement supérieure à celle avancée par la Banque du Canada (3,4 %) aussi en octobre dernier. Le Conference Board lui n'est pas aussi optimiste : à la mi-novembre, il prévoyait une croissance de 3,1 % de la production mondiale l'an prochain.

Le PIB mondial progresserait plus rapidement l'an prochain que cette année, bien que de peu. Les organismes mentionnés ci-dessus ont des estimations qui vont de 2,7 % à 2,9 % pour 2013. L'année en cours aurait ainsi la plus faible croissance de l'activité économique depuis la contraction de 2009.

Les projections pour 2014 vont dans le sens de ce que laissent présager les principaux indices des indicateurs avancés de l'évolution de l'économie.

Enfin, il est important de garder à l'esprit le titre de la présentation des perspectives de l'OCDE :
 « Une croissance peut-être plus vigoureuse, mais des risques plus nombreux».

Économie québécoise : des signaux d'amélioration

L'Indice précurseur Desjardins (IPD), publié le 18 novembre dernier, laisse croire que l'activité économique au Québec devrait aller en s'améliorant au cours des prochains mois. L'IPD a progressé de 0,5 % en septembre et de 0,4 % en août.

La croissance du PIB québécois devrait être de 1,9 % en 2014, selon les économistes de Desjardins. Ce serait nettement mieux qu'en 2013 (1,2 %, selon Desjardins) et mieux aussi qu'en 2012 (1,5 %, selon Statistique Canada).

Détails à : http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/

mardi 12 novembre 2013

Économie mondiale : amélioration des perspectives à court terme

Les indices des indicateurs avancés de l'OCDE pointent de nouveau vers une amélioration des perspectives à court terme pour les économies développées, selon le communiqué publié le 12 novembre sur le site Internet de cet organisme. La zone euro, le Japon et le Royaume-Uni affichent les signaux les plus évidents de l'amélioration de la conjoncture.

Chez les principales économies émergentes, la croissance sera encore au rendez-vous, bien qu'elle sera moindre que la tendance de long terme et ce, notamment au Brésil et en Inde.


Détails à : http://www.oecd.org/fr/std/indicateurs-avances/indicateurscompositesavancesdelocde-miseajournovembre2013.htm

Ces indicateurs de l'OCDE vont globalement dans le même sens que le JPMorgan Global Manufacturing & Services PMI publié le 6 novembre dernier. Ce coup de sonde mensuel, disponible sur le site Internet de Markit Economics,  indique que la croissance et les perspectives à court terme de l'économie mondiale vont en s'améliorant, même si septembre dernier avait affiché un certain repli qui n'aura été, heureusement, que momentané, comme le démontrent les données d'octobre.

Détails à : http://www.markiteconomics.com/Public/Page.mvc/home

jeudi 31 octobre 2013

Analyse du Plan de développement du commerce extérieur du Québec


Ce commentaire ne porte pas sur les perspectives économiques, mais j'ai pensé qu'il peut être utile aux gens qui s'intéressent à la promotion des exportations du Québec.


Le Plan de développement du commerce extérieur 2013-2017 (PDCE), présenté le 28 octobre dernier, par le ministre Jean-François Lisée, est un bon exercice de mise au goût du jour de l’offre de services du gouvernement du Québec aux entreprises exportatrices de biens et de services sur le marché des autres provinces et le marché international. Ce plan semble cependant mal nommé puisque la dimension importation du commerce extérieur y est absente, mais on ne peut blâmer le gouvernement d’ignorer cela dans son plan. Le thème «Investir dans l’exportation, c’est investir dans le Québec» est davantage évocateur du contenu et des intentions que le nom du plan. Outre l’appui aux exportateurs, il y est question de mesures en vue de promouvoir les atouts du Québec à l’étranger.

Ce plan annonce une adaptation aux nouvelles réalités des services à l’exportation développés tout au cours des dernières décennies. Cependant, il n’est pas assez ambitieux, probablement, entre autres, en raison de contraintes de budget. Il est particulièrement timide sur le développement de la présence internationale des entreprises. Vendre est important, mais l’implantation à l’étranger ne doit pas être négligée que ce soit, par exemple, pour offrir un service d’installation ou d’entretien en complément du produit vendu ou encore pour produire, au besoin, ailleurs qu’au Québec, même si, sur le plan politique, il s’agit d’un sujet plutôt tabou.

Le PDCE offre un bel équilibre entre la nécessité d’appuyer de nouveaux exportateurs ainsi que ceux en consolidation et en diversification de marchés. Le gouvernement résiste ainsi au fantasme de mettre toutes ses énergies dans la diversification tout azimut, sujet qui continue d’avoir bonne presse.

Sur le plan des marchés prioritaires, le gouvernement cède au chant de sirènes; elles lui semblent toutes attrayantes, et l’éparpillement des efforts et des ressources pourrait bien en résulter. Le buffet des territoires prioritaires présenté à la section 1.1 du plan en offre vraisemblablement trop aux convives par rapport à leur appétit réel et, encore plus, par rapport aux ressources humaines et aux moyens financiers mis à la disposition des intervenants en développement de marchés. À trop vouloir étirer la capacité des ressources à livrer des services sur un trop grand nombre de territoires, on risque fort de n’offrir qu’un appui  ponctuel aux exportateurs plutôt qu’un soutien stratégique et continu. Un bon ciblage et une bonne sélection s’imposent dans toute stratégie de diversification des marchés, tout comme, par analogie, dans l’investissement de portefeuille.

Les objectifs, les orientations, les cibles et les actions retenus et présentés dans les sections 4 et 5 du document sont les éléments forts du PDCE. On sent bien qu’ils ont fait l’objet d’un examen attentif de la part des auteurs du plan et des divers intervenants en développement des exportations et en promotion du Québec à l’étranger. La concertation et la synergie ont ainsi porté fruit, d’où l’importance de continuer dans cette voie comme le prévoit d’ailleurs le Plan.

Ce qui surprend, c’est de retrouver dans le Mot de la Première Ministre : «Son objectif est simple : réduire notre déficit commercial par l’augmentation de nos exportations.». Le Plan peut y contribuer, bien que marginalement. On voit mal comment «…des ventes fermes totalisant plus de 940 millions de dollars.» (page 19 du plan), étalées sur trois ou quatre ans au minimum, peuvent influer de façon importante sur un déficit du commerce des biens et services qui se chiffrait à 24,4 milliards de dollars en 2012. Une stratégie de remplacement du pétrole importé aurait nettement plus de portée sur la réduction du déficit que le PDCE.

On voit bien dans le Plan comment le gouvernement va allouer les 81,7 millions de dollars sur trois ans. C’est clair et précis, particulièrement dans l’annexe 1 portant sur le cadre financier. Ce qui étonne, c’est de ne pas retrouver de précisions sur le «… plus d’un milliard de dollars en soutien financier qui est mis à la disposition de nos entreprises d’ici 2017, pour la réalisation de projets à l’exportation.» (page 19). C’est sur ce milliard, qui n’est pas rien, que le PDCE aurait dû porter, ainsi que sur toutes les ressources impliquées dans l’accompagnement-conseil. Dans ces circonstances, le Plan semble davantage une justification de budget additionnel qu’un plan d’ensemble pour stimuler les ventes de nos entreprises à l’extérieur du Québec. Ce  plan a tout de même le mérite de procurer du budget pour défrayer les activités et les initiatives des gens qui oeuvrent au développement des exportations et à la promotion à l’étranger des atouts du Québec.  

Enfin, le soutien financier de plus d’un milliard de dollars devrait susciter des investissements de plus de 3,5 milliards de dollars sur quatre ans entraînant la création de plus de 10 000 emplois (page 19). Le Plan, et son budget de 81,7 millions, devrait à lui seul générer 6 000 emplois sur 4 ans. Cela suscite des interrogations et mérite des explications, car on peut douter que moins de 10 % de l’enveloppe financière dédiée à l’exportation génère 60 % des emplois prévus. Toutefois, si cette estimation est correcte, l’efficacité attendue de l’accompagnement-conseil et de l’appui financier prévus au Plan ne devrait-elle pas inciter le gouvernement à réorienter au complet le soutien financier de plus d’un milliard?

Note : Le Plan de développement du commerce extérieur et son sommaire sont disponibles à :  http://www.mrifce.gouv.qc.ca/fr/salle-de-presse/actualites/13252

mardi 6 août 2013

Économie américaine : faut-il diminuer nos attentes?

Cet article est une mise à jour du texte que j'ai publié le 24 juillet dernier. Cette version-ci tient compte des plus récentes révisions aux données sur le PIB des États-Unis.
 
Déjà quatre ans que la reprise économique aux États-Unis est en cours, et il n’y a pas à l’horizon de signal précurseur important de contraction à venir de l’activité économique et, par conséquent, encore moins de récession. L’emploi a connu de bonnes augmentations au cours des derniers mois. Les consommateurs reprennent progressivement confiance quant aux perspectives. L’inflation n’est plus que l’ombre d’elle-même. La stratégie double d’assouplissement monétaire et de bas taux d’intérêt est maintenue, à tout le moins tant que le taux de chômage n’avoisine pas les 6,5 % et que le rythme d’augmentation des prix demeure contenu. Les marchés boursiers continuent leur progression tant qu’ils ne flairent pas un changement de stratégie de la Fed. Les indicateurs avancés de l’OCDE et du Conference Board laissent présager que la croissance se poursuivra à un bon rythme. Les prévisions de croissance du PIB de divers organismes pointent vers une accélération de la croissance après un premier semestre de 2013 de croissance modeste, plusieurs organismes estimant même une croissance de plus ou moins 3 % en 2014, soit, si elle s’avère, une progression légèrement supérieure à celle de 2012 (révisée à 2,8 % selon les données publiées le 31 juillet).

Toutefois, les rabat-joie font valoir que depuis la fin de la Grande récession, l’emploi et le PIB réel par habitant sont encore inférieurs aux sommets  atteints à la fin de 2007 ou au début de 2008. Le PIB réel au deuxième trimestre de cette année ne dépasse que de peu (4,3 %)  le sommet atteint  au début de la dernière récession, soit au quatrième trimestre de 2007. En fait, une phase de croissance où la lente reprise tarde à faire place à l’expansion soutenue de l’activité. En outre, malgré la stratégie monétaire très expansionniste de la Fed, les taux d’intérêt sur les obligations et les hypothèques sont à la hausse ces temps-ci, ce qui pourrait affecter le rythme de croissance, sans oublier la hausse estivale des prix de l’essence qui a souvent tendance à peser sur la confiance des consommateurs. Sur le plan budgétaire, les effets à la baisse sur l'activité de ce qu'il convenu d'appeler le «séquestre» se font encore sentir.

Au-delà de ces dimensions conjoncturelles, y a-t-il lieu de diminuer nos attentes quant à la croissance économique aux États-Unis?

Si les prévisions du Congressional Budget Office (CBO) se concrétisent, la croissance pourrait s’accélérer de 2014 à 2017, et, ainsi, combler l’écart qui s’est creusé entre le PIB réel et le PIB potentiel, notamment au cours de la Grande récession. Ensuite, si l’économie croît au même rythme que son potentiel estimé, elle ne croîtrait que de 2,25 % par année, soit un taux nettement inférieur à la moyenne de 3,25 % obtenue depuis les années 1950.[1]

Des économistes de The Federal Reserve Bank of Chicago (Chicago Fed), en utilisant une méthode différente de celle du CBO, arrivent à des résultats similaires : la tendance de la croissance à long terme de l’économie serait passée de 4,5 % au premier trimestre de 1967 à entre 2,25 % et 2,5 % à la fin de 2007, et à entre 1,6 % et 2,1 % au quatrième trimestre de 2012.[2]

L’offre de travailleurs est une variable importante de l’évolution de la production potentielle. Or, en raison principalement de changements à la participation à la population active (travailleurs et chômeurs) et au ralentissement de la croissance de la population, des économistes de la Chicago Fed estiment actuellement à 80 000 par mois la tendance de la croissance de l’emploi. Ainsi, sur la base de ce résultat, pour que le taux de chômage diminue, il faudrait, selon eux, que la croissance mensuelle de l’emploi soit de plus de 80 000, ce qui est inférieur à ce qui est habituellement reconnu (100 000 à 150 000) et inférieur aux 150 000 à 200 000 des années 1980 et 1990. Ils avancent aussi que cette tendance pourrait passer à 35 000 emplois par mois entre 2016 et 2020. Ils reconnaissent toutefois qu’il est nécessaire de créer beaucoup plus d’emplois ces années-ci pour combler l’écart entre la tendance de l’emploi et la création réelle d’emplois des dernières années; ils estiment qu’en 2012, par exemple, l’emploi était 4 % inférieur à ce que la tendance  de long terme suggère.[3]

Ajoutons à cela que le titre de la mise à jour du 9 juillet dernier des Perspectives de l’économie mondiale du FMI est «Crise de croissance» (en anglais «Growing Pains»). Cet organisme y signale, entre autres, en introduction, que «…de nouveaux risques sont apparus, notamment la possibilité d’un ralentissement plus prolongé de la croissance dans les pays émergents, surtout étant donné les risques d’un affaiblissement de la croissance potentielle,…».[4]  

En conclusion, les perspectives de croissance aux États-Unis sont inférieures aux résultats obtenus au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle et même moindres que ceux de la décennie précédente où l’inflexion de la tendance de la croissance s’était déjà fait sentir. Toutefois, les estimations mentionnées ci-dessus ont été obtenues à partir d’outils d’analyse perfectibles. Elles présentent tout de même des projections qui doivent nous amener à modérer nos attentes quant à la croissance économique américaine d’ici la fin de la décennie. Aussi, cela ne sera pas sans peser sur les perspectives de croissance du Canada où les exportations vers les États-Unis jouent un rôle important.   




[1] CBO Budget Blog «Economic Growth is Likely to Be Slow in 2013 and Pick Up in Later Years», 7 février 2013 : http://www.cbo.gov/publication/43914
[2] Chicago Fed Letter «Estimating the trend rate of economic growth using the CFNAI», juin 2013 : http://www.chicagofed.org/digital_assets/publications/chicago_fed_letter/2013/cfljune2013_311.pdf
[3] Chicago Fed Letter «Estimating the trend in employment growth», juillet 2013 : http://www.chicagofed.org/digital_assets/publications/chicago_fed_letter/2013/cfljuly2013_312.pdf

mercredi 17 juillet 2013

Économie chinoise : croissance soutenue, bien que moindre

L'économie chinoise continue de croître à un rythme soutenu ces temps-ci : croissance de 7,6 % du PIB au premier semestre de cette année par rapport à la même période en 2012.  En outre, l'évolution mensuelle et semestrielle des indicateurs avancés du Conference Board pour cette économie laisse présager que ce rythme de croissance se maintiendra au cours des prochains mois.

Il y a bien des révisions à la baisse de ses perspectives de croissance, mais elles ne sont pas majeures. Le FMI prévoyait le 9 juillet dernier que le PIB chinois croîtrait de 7,8 % en 2013 et de 7,7 % en 2014. La Banque du Canada avançait des taux respectifs de 7,4 % et 7,3 % dans ses projections publiées le 17 juillet. Ces estimations ne divergent pas de façon significative de l'objectif de croissance de 7,5 % retenu par le gouvernement chinois.

Dans un contexte de fragilité de la demande extérieure, la Chine prend progressivement le virage d'une économie dépendante des exportations vers la consommation intérieure pour assurer sa croissance. En outre, les autorités gouvernementales semblent s'intéresser plus qu'auparavant au développement durable à la suite d'épisodes de pollution extrême.

jeudi 13 juin 2013

Le Japon compensera-t-il pour la Chine?


La Chine pourrait connaître au cours des prochains mois une légère atténuation de sa croissance, bien que cela ne l’empêche pas d’obtenir des résultats économiques suscitant l’envie chez bien d’autres pays. Dans ces circonstances, le Japon pourrait compenser en contribuant davantage qu’auparavant à la croissance mondiale.

Déjà, au premier trimestre de cette année, le PIB japonais a augmenté de 1 % (4,1 % en rythme annuel). Les plus récents indices des indicateurs avancés mensuels du Japan Cabinet Office, du Conference Board et de l’OCDE laissent croire que la croissance sera soutenue au cours des prochains mois. Il en est de même des résultats des enquêtes mensuelles (indices PMI) de Markit Economics auprès des gestionnaires d’approvisionnement des entreprises de la fabrication et des services.

Le Japon, pour diverses raisons, nous a cependant habitués à des fluctuations importantes de ses résultats économiques que ce soit sur une base trimestrielle ou annuelle. C’est probablement pourquoi le FMI et l’OCDE, bien qu’ayant révisé à la hausse leurs projections de croissance de ce pays, demeurent prudents en prévoyant une croissance plutôt modeste, soit 1,6 % en 2013 et 1,4 % en 2014. La moyenne des estimations des organismes consultés mensuellement par The Economist va dans le même sens ainsi que la plus récente projection semestrielle de la Banque mondiale publiée le 12 juin.

Pour l’instant, la stratégie de stimulation de l'économie et de lutte à la déflation du gouvernement japonais insuffle une nouvelle dynamique et donne du mordant et de la traction à la croissance. Assouplissement monétaire de grande ampleur, augmentation des dépenses publiques, notamment en projets d’infrastructures et de reconstruction, et réformes en vue de favoriser la croissance se conjuguent pour donner un nouvel élan. Pourraient aussi s’ajouter des mesures fiscales, bien que ce soit plus difficile à envisager étant donné la nécessité de s’attaquer plus tôt que tard au double problème du déficit et de la dette publics.

Tout compte fait, les projections des organismes mentionnés ci-dessus pourraient bien n’être qu’un pâle reflet de la croissance à venir. Le  gouvernement du premier ministre Abe pourrait bien réussir là où les précédents ont échoué ou manqué de chance. Qui sait? Toutefois, il ne faut pas non plus pécher par excès d’optimisme. D’ailleurs, à titre d'exemple, après quelques mois d’exubérance, les investisseurs en bourse au Japon semblent se raviser ces temps-ci.