L'indice précurseur Desjardins (IPD) a de nouveau augmenté en octobre dernier, selon l'analyse et les données publiées le 16 décembre sur le site Internet de Desjardins. L'évolution récente de cet indice laisse présager une croissance modérée de l'économie du Québec au cours des prochains mois. L'IPD a progressé de 0,4 % en août, de 0,5 % en septembre et de 0,6 % en octobre.
En outre, les organismes qui publient des prévisions estiment que l'économie du Québec devrait croître de plus ou moins 2 % en 2014, ce qui serait une nette amélioration par rapport à 2013, où on anticipe une croissance d'un peu plus de 1 %, et à 2012 (1,5 %).
Détails à : http://www.desjardins.com/ressources/pdf/ipd1213f.pdf?resVer=1387205082000
Des commentaires sur les indicateurs avancés de l'évolution à court terme de l'économie, ainsi que sur les perspectives et les prévisions économiques, voilà ce que je vous propose de lire dans mon blog. Je ne peux cependant résister à la tentation de commenter parfois d'autres aspects de l'évolution de l'économie.
lundi 16 décembre 2013
lundi 9 décembre 2013
Économie mondiale : signaux d'amélioration
Les perspectives économiques à court terme continuent de s'améliorer dans les pays de l'OCDE, entre autres dans la zone euro, si l'on se fie à l'évolution récente des indices des indicateurs avancés de cet organisme. On discerne aussi des signes de regain chez les principales économies émergentes.
Si cette tendance se confirme, le FMI pourrait bien revoir à la hausse ses perspectives de croissance de l'économie mondiale pour 2014. La prochaine mise à jour des Perspectives de l'économie mondiale devrait être publiée en janvier prochain.
Détails à : http://www.oecd.org/fr/std/indicateurs-avances/indicateurscompositesavancesdelocde-miseajourdecembre2013.htm
Si cette tendance se confirme, le FMI pourrait bien revoir à la hausse ses perspectives de croissance de l'économie mondiale pour 2014. La prochaine mise à jour des Perspectives de l'économie mondiale devrait être publiée en janvier prochain.
Détails à : http://www.oecd.org/fr/std/indicateurs-avances/indicateurscompositesavancesdelocde-miseajourdecembre2013.htm
vendredi 6 décembre 2013
Économie canadienne : faut-il s'habituer à une croissance modérée?
Vous vous souvenez probablement des croissances annuelles
du PIB réel du Canada à 4 % et même 5 % à la fin des années 1990 et en l’an
2000. Ensuite, l’économie a continué de croître, mais moins rapidement,
exception faite de 2009 où il y a eu contraction de la production totale. Dans les meilleures années, la croissance a atteint
un peu plus de 3 %, la plus récente, dans cet ordre de grandeur, étant 2010
(3,4 %), année à l’intérieur de la période de reprise suivant la dernière
récession, où l’on s’attend normalement à une progression relativement rapide
de l’activité économique.
En fait, depuis la fin de la récession, à la mi-année 2009,
l’économie a progressé à un rythme modéré et assez soutenu, comme l’indiquent
bien les deux graphiques qui suivent, l’un sur le PIB et l’autre sur l’emploi.
Ce n’est pas toujours évident lorsque l’on s’arrête aux chiffres d’un mois ou
d’un trimestre à l’autre, mais, ici, la tendance apparait clairement. D’ailleurs,
on perçoit bien que, au cours de la phase actuelle d’expansion, cette tendance
est semblable à celle observée dans les dernières années de la phase précédente.
Canada :
PIB réel, évolution trimestrielle
( données annualisées, millions $ enchainés 2007)
Canada :
Emploi total, évolution mensuelle
( en milliers)
Source : Statistique Canada
Cependant, que nous réservent les mois et les années à
venir?
Les indicateurs avancés mensuels de l’Institut
Macdonald-Laurier et de l’OCDE laissent présager que l’expansion se poursuivra au
cours des prochains mois, bien qu’à un rythme allant de modeste à modéré. Les
organismes qui publient des prévisions de croissance (FMI, OCDE, Banque du
Canada, etc.) estiment que l’activité économique au Canada devrait progresser de
plus ou moins 2,3 % en 2014. En 2015, la croissance pourrait être légèrement
plus rapide. Ces projections doivent toutefois être tempérées par l’estimation
de la Banque du Canada quant à la croissance de la production potentielle;
celle-ci n’augmenterait que de près de 2% par année à court et moyen terme*.
Ainsi, aucun retour aux années fastes de la fin des années 1990, mais pas non
plus de scénario de stagnation ou de
contraction de l’activité économique. Il faut donc continuer de s’accommoder
d’une croissance modérée.
Enfin, comme il se doit, ces prévisions de croissance sont
enrobées de risques à la baisse et à la hausse en fonction notamment de l’évolution
de la conjoncture internationale, de l’accentuation ou non de la désinflation,
d’une éventuelle correction importante du marché de l’habitation au Canada ou
des conséquences de la dépréciation de la valeur du dollar canadien. Ces
risques, et bien d’autres événements à venir non prévus, permettent
habituellement d’expliquer pourquoi le scénario de référence ne s’est pas
réalisé.
*Banque du Canada, Rapport
sur la politique monétaire, annexe A, octobre 2013.
mardi 19 novembre 2013
La croissance de l'économie mondiale en 2014
L'OCDE a publié le 19 novembre la révision semestrielle de ses «Perspectives économiques». Ses analystes prévoient que le PIB mondial devrait croître de 3,6 % en 2014. Cette projection est identique à celle du FMI publiée en octobre dernier, et légèrement supérieure à celle avancée par la Banque du Canada (3,4 %) aussi en octobre dernier. Le Conference Board lui n'est pas aussi optimiste : à la mi-novembre, il prévoyait une croissance de 3,1 % de la production mondiale l'an prochain.
Le PIB mondial progresserait plus rapidement l'an prochain que cette année, bien que de peu. Les organismes mentionnés ci-dessus ont des estimations qui vont de 2,7 % à 2,9 % pour 2013. L'année en cours aurait ainsi la plus faible croissance de l'activité économique depuis la contraction de 2009.
Les projections pour 2014 vont dans le sens de ce que laissent présager les principaux indices des indicateurs avancés de l'évolution de l'économie.
Enfin, il est important de garder à l'esprit le titre de la présentation des perspectives de l'OCDE :
« Une croissance peut-être plus vigoureuse, mais des risques plus nombreux».
Le PIB mondial progresserait plus rapidement l'an prochain que cette année, bien que de peu. Les organismes mentionnés ci-dessus ont des estimations qui vont de 2,7 % à 2,9 % pour 2013. L'année en cours aurait ainsi la plus faible croissance de l'activité économique depuis la contraction de 2009.
Les projections pour 2014 vont dans le sens de ce que laissent présager les principaux indices des indicateurs avancés de l'évolution de l'économie.
Enfin, il est important de garder à l'esprit le titre de la présentation des perspectives de l'OCDE :
« Une croissance peut-être plus vigoureuse, mais des risques plus nombreux».
Économie québécoise : des signaux d'amélioration
L'Indice précurseur Desjardins (IPD), publié le 18 novembre dernier, laisse croire que l'activité économique au Québec devrait aller en s'améliorant au cours des prochains mois. L'IPD a progressé de 0,5 % en septembre et de 0,4 % en août.
La croissance du PIB québécois devrait être de 1,9 % en 2014, selon les économistes de Desjardins. Ce serait nettement mieux qu'en 2013 (1,2 %, selon Desjardins) et mieux aussi qu'en 2012 (1,5 %, selon Statistique Canada).
Détails à : http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/
La croissance du PIB québécois devrait être de 1,9 % en 2014, selon les économistes de Desjardins. Ce serait nettement mieux qu'en 2013 (1,2 %, selon Desjardins) et mieux aussi qu'en 2012 (1,5 %, selon Statistique Canada).
Détails à : http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/
mardi 12 novembre 2013
Économie mondiale : amélioration des perspectives à court terme
Les indices des indicateurs avancés de l'OCDE pointent de nouveau vers une amélioration des perspectives à court terme pour les économies développées, selon le communiqué publié le 12 novembre sur le site Internet de cet organisme. La zone euro, le Japon et le Royaume-Uni affichent les signaux les plus évidents de l'amélioration de la conjoncture.
Chez les principales économies émergentes, la croissance sera encore au rendez-vous, bien qu'elle sera moindre que la tendance de long terme et ce, notamment au Brésil et en Inde.
Détails à : http://www.oecd.org/fr/std/indicateurs-avances/indicateurscompositesavancesdelocde-miseajournovembre2013.htm
Ces indicateurs de l'OCDE vont globalement dans le même sens que le JPMorgan Global Manufacturing & Services PMI publié le 6 novembre dernier. Ce coup de sonde mensuel, disponible sur le site Internet de Markit Economics, indique que la croissance et les perspectives à court terme de l'économie mondiale vont en s'améliorant, même si septembre dernier avait affiché un certain repli qui n'aura été, heureusement, que momentané, comme le démontrent les données d'octobre.
Détails à : http://www.markiteconomics.com/Public/Page.mvc/home
Chez les principales économies émergentes, la croissance sera encore au rendez-vous, bien qu'elle sera moindre que la tendance de long terme et ce, notamment au Brésil et en Inde.
Détails à : http://www.oecd.org/fr/std/indicateurs-avances/indicateurscompositesavancesdelocde-miseajournovembre2013.htm
Ces indicateurs de l'OCDE vont globalement dans le même sens que le JPMorgan Global Manufacturing & Services PMI publié le 6 novembre dernier. Ce coup de sonde mensuel, disponible sur le site Internet de Markit Economics, indique que la croissance et les perspectives à court terme de l'économie mondiale vont en s'améliorant, même si septembre dernier avait affiché un certain repli qui n'aura été, heureusement, que momentané, comme le démontrent les données d'octobre.
Détails à : http://www.markiteconomics.com/Public/Page.mvc/home
jeudi 31 octobre 2013
Analyse du Plan de développement du commerce extérieur du Québec
Ce commentaire ne porte pas sur les perspectives économiques, mais j'ai pensé qu'il peut être utile aux gens qui s'intéressent à la promotion des exportations du Québec.
Le Plan de développement du commerce extérieur 2013-2017 (PDCE), présenté le 28 octobre dernier, par le ministre Jean-François Lisée, est un bon exercice de mise au goût du jour de l’offre de services du gouvernement du Québec aux entreprises exportatrices de biens et de services sur le marché des autres provinces et le marché international. Ce plan semble cependant mal nommé puisque la dimension importation du commerce extérieur y est absente, mais on ne peut blâmer le gouvernement d’ignorer cela dans son plan. Le thème «Investir dans l’exportation, c’est investir dans le Québec» est davantage évocateur du contenu et des intentions que le nom du plan. Outre l’appui aux exportateurs, il y est question de mesures en vue de promouvoir les atouts du Québec à l’étranger.
Le Plan de développement du commerce extérieur 2013-2017 (PDCE), présenté le 28 octobre dernier, par le ministre Jean-François Lisée, est un bon exercice de mise au goût du jour de l’offre de services du gouvernement du Québec aux entreprises exportatrices de biens et de services sur le marché des autres provinces et le marché international. Ce plan semble cependant mal nommé puisque la dimension importation du commerce extérieur y est absente, mais on ne peut blâmer le gouvernement d’ignorer cela dans son plan. Le thème «Investir dans l’exportation, c’est investir dans le Québec» est davantage évocateur du contenu et des intentions que le nom du plan. Outre l’appui aux exportateurs, il y est question de mesures en vue de promouvoir les atouts du Québec à l’étranger.
Ce plan
annonce une adaptation aux nouvelles réalités des services à l’exportation
développés tout au cours des dernières décennies. Cependant, il n’est pas assez
ambitieux, probablement, entre autres, en raison de contraintes de budget. Il
est particulièrement timide sur le développement de la présence internationale
des entreprises. Vendre est important, mais l’implantation à l’étranger ne doit
pas être négligée que ce soit, par exemple, pour offrir un service
d’installation ou d’entretien en complément du produit vendu ou encore pour
produire, au besoin, ailleurs qu’au Québec, même si, sur le plan politique, il
s’agit d’un sujet plutôt tabou.
Le PDCE offre
un bel équilibre entre la nécessité d’appuyer de nouveaux exportateurs ainsi
que ceux en consolidation et en diversification de marchés. Le gouvernement
résiste ainsi au fantasme de mettre toutes ses énergies dans la diversification
tout azimut, sujet qui continue d’avoir bonne presse.
Sur le plan
des marchés prioritaires, le gouvernement cède au chant de sirènes; elles lui
semblent toutes attrayantes, et l’éparpillement des efforts et des ressources
pourrait bien en résulter. Le buffet des territoires prioritaires présenté à la
section 1.1 du plan en offre vraisemblablement trop aux convives par rapport à
leur appétit réel et, encore plus, par rapport aux ressources humaines et aux
moyens financiers mis à la disposition des intervenants en développement de
marchés. À trop vouloir étirer la capacité des ressources à livrer des services
sur un trop grand nombre de territoires, on risque fort de n’offrir qu’un
appui ponctuel aux exportateurs plutôt
qu’un soutien stratégique et continu. Un bon ciblage et une bonne sélection
s’imposent dans toute stratégie de diversification des marchés, tout comme, par
analogie, dans l’investissement de portefeuille.
Les
objectifs, les orientations, les cibles et les actions retenus et présentés
dans les sections 4 et 5 du document sont les éléments forts du PDCE. On sent
bien qu’ils ont fait l’objet d’un examen attentif de la part des auteurs du
plan et des divers intervenants en développement des exportations et en
promotion du Québec à l’étranger. La concertation et la synergie ont ainsi
porté fruit, d’où l’importance de continuer dans cette voie comme le prévoit d’ailleurs
le Plan.
Ce qui
surprend, c’est de retrouver dans le Mot de la Première Ministre : «Son objectif
est simple : réduire notre déficit commercial par l’augmentation de nos
exportations.». Le Plan peut y contribuer, bien que
marginalement. On voit mal comment «…des ventes fermes totalisant
plus de 940 millions de dollars.» (page 19 du plan), étalées sur trois ou
quatre ans au minimum, peuvent influer de façon importante sur un déficit du
commerce des biens et services qui se chiffrait à 24,4 milliards de dollars en
2012. Une stratégie de remplacement du pétrole importé aurait nettement plus de
portée sur la réduction du déficit que le PDCE.
On voit bien
dans le Plan comment le gouvernement va allouer les 81,7 millions de dollars
sur trois ans. C’est clair et précis, particulièrement dans l’annexe 1 portant
sur le cadre financier. Ce qui étonne, c’est de ne pas retrouver de précisions
sur le «… plus d’un milliard de dollars en soutien financier qui est mis à la
disposition de nos entreprises d’ici 2017, pour la réalisation de projets à
l’exportation.» (page 19). C’est sur ce milliard, qui n’est pas rien, que le
PDCE aurait dû porter, ainsi que sur toutes les ressources impliquées dans
l’accompagnement-conseil. Dans ces circonstances, le Plan semble davantage une
justification de budget additionnel qu’un plan d’ensemble pour stimuler les
ventes de nos entreprises à l’extérieur du Québec. Ce plan a tout de même le mérite de procurer du
budget pour défrayer les activités et les initiatives des gens qui oeuvrent au
développement des exportations et à la promotion à l’étranger des atouts du
Québec.
Enfin, le
soutien financier de plus d’un milliard de dollars devrait susciter des
investissements de plus de 3,5 milliards de dollars sur quatre ans entraînant
la création de plus de 10 000 emplois (page 19). Le Plan, et son budget de
81,7 millions, devrait à lui seul générer 6 000 emplois sur 4 ans. Cela
suscite des interrogations et mérite des explications, car on peut douter que
moins de 10 % de l’enveloppe financière dédiée à l’exportation génère 60 % des
emplois prévus. Toutefois, si cette estimation est correcte, l’efficacité
attendue de l’accompagnement-conseil et de l’appui financier prévus au Plan ne
devrait-elle pas inciter le gouvernement à réorienter au complet le soutien
financier de plus d’un milliard?
Note :
Le Plan de développement du commerce extérieur et son sommaire sont disponibles
à : http://www.mrifce.gouv.qc.ca/fr/salle-de-presse/actualites/13252
mardi 6 août 2013
Économie américaine : faut-il diminuer nos attentes?
Cet article est une mise à jour du texte que j'ai publié le 24 juillet dernier. Cette version-ci tient compte des plus récentes révisions aux données sur le PIB des États-Unis.
Déjà quatre ans que la reprise économique aux États-Unis est
en cours, et il n’y a pas à l’horizon de signal précurseur important de
contraction à venir de l’activité économique et, par conséquent, encore moins
de récession. L’emploi a connu de bonnes augmentations au cours des derniers
mois. Les consommateurs reprennent progressivement confiance quant aux
perspectives. L’inflation n’est plus que l’ombre d’elle-même. La stratégie
double d’assouplissement monétaire et de bas taux d’intérêt est maintenue, à
tout le moins tant que le taux de chômage n’avoisine pas les 6,5 % et que le
rythme d’augmentation des prix demeure contenu. Les marchés boursiers
continuent leur progression tant qu’ils ne flairent pas un changement de stratégie
de la Fed. Les indicateurs avancés de l’OCDE et du Conference Board laissent présager que la croissance se poursuivra
à un bon rythme. Les prévisions de croissance du PIB de divers organismes
pointent vers une accélération de la croissance après un premier semestre de
2013 de croissance modeste, plusieurs organismes estimant même une croissance
de plus ou moins 3 % en 2014, soit, si elle s’avère, une progression légèrement
supérieure à celle de 2012 (révisée à 2,8 % selon les données publiées le 31
juillet).
Toutefois, les rabat-joie font valoir que depuis la fin
de la Grande récession, l’emploi et le PIB réel par habitant sont encore
inférieurs aux sommets atteints à la fin
de 2007 ou au début de 2008. Le PIB réel au deuxième trimestre de cette année ne
dépasse que de peu (4,3 %) le sommet
atteint au début de la dernière
récession, soit au quatrième trimestre de 2007. En fait, une phase de croissance
où la lente reprise tarde à faire place à l’expansion soutenue de l’activité.
En outre, malgré la stratégie monétaire très expansionniste de la Fed, les taux
d’intérêt sur les obligations et les hypothèques sont à la hausse ces temps-ci,
ce qui pourrait affecter le rythme de croissance, sans oublier la hausse
estivale des prix de l’essence qui a souvent tendance à peser sur la confiance
des consommateurs. Sur le plan budgétaire, les effets à la baisse sur l'activité de ce qu'il convenu d'appeler le «séquestre» se font encore sentir.
Au-delà de ces dimensions conjoncturelles, y a-t-il lieu
de diminuer nos attentes quant à la croissance économique aux États-Unis?
Si les prévisions du Congressional
Budget Office (CBO) se concrétisent, la croissance pourrait s’accélérer de
2014 à 2017, et, ainsi, combler l’écart qui s’est creusé entre le PIB réel et
le PIB potentiel, notamment au cours de la Grande récession. Ensuite, si
l’économie croît au même rythme que son potentiel estimé, elle ne croîtrait que
de 2,25 % par année, soit un taux nettement inférieur à la moyenne de 3,25 %
obtenue depuis les années 1950.[1]
Des économistes de The
Federal Reserve Bank of Chicago (Chicago Fed), en utilisant une méthode
différente de celle du CBO, arrivent à des résultats similaires : la
tendance de la croissance à long terme de l’économie serait passée de 4,5 % au
premier trimestre de 1967 à entre 2,25 % et 2,5 % à la fin de 2007, et à entre
1,6 % et 2,1 % au quatrième trimestre de 2012.[2]
L’offre de travailleurs est une variable importante de
l’évolution de la production potentielle. Or, en raison principalement de
changements à la participation à la population active (travailleurs et
chômeurs) et au ralentissement de la croissance de la population, des
économistes de la Chicago Fed
estiment actuellement à 80 000 par mois la tendance de la croissance de
l’emploi. Ainsi, sur la base de ce résultat, pour que le taux de chômage
diminue, il faudrait, selon eux, que la croissance mensuelle de l’emploi soit
de plus de 80 000, ce qui est inférieur à ce qui est habituellement reconnu
(100 000 à 150 000) et inférieur aux 150 000 à 200 000 des
années 1980 et 1990. Ils avancent aussi que cette tendance pourrait passer à
35 000 emplois par mois entre 2016 et 2020. Ils reconnaissent toutefois
qu’il est nécessaire de créer beaucoup plus d’emplois ces années-ci pour
combler l’écart entre la tendance de l’emploi et la création réelle d’emplois
des dernières années; ils estiment qu’en 2012, par exemple, l’emploi était 4 % inférieur
à ce que la tendance de long terme suggère.[3]
Ajoutons à cela que le titre de la mise à jour du 9
juillet dernier des Perspectives de l’économie mondiale du FMI est «Crise de
croissance» (en anglais «Growing Pains»).
Cet organisme y signale, entre autres, en introduction, que «…de nouveaux
risques sont apparus, notamment la possibilité d’un ralentissement plus
prolongé de la croissance dans les pays émergents, surtout étant donné les
risques d’un affaiblissement de la croissance potentielle,…».[4]
En conclusion, les perspectives de croissance aux
États-Unis sont inférieures aux résultats obtenus au cours de la deuxième moitié
du vingtième siècle et même moindres que ceux de la décennie précédente où
l’inflexion de la tendance de la croissance s’était déjà fait sentir.
Toutefois, les estimations mentionnées ci-dessus ont été obtenues à partir
d’outils d’analyse perfectibles. Elles présentent tout de même des projections
qui doivent nous amener à modérer nos attentes quant à la croissance économique
américaine d’ici la fin de la décennie. Aussi, cela ne sera pas sans peser sur
les perspectives de croissance du Canada où les exportations vers les
États-Unis jouent un rôle important.
[1] CBO Budget Blog «Economic
Growth is Likely to Be Slow in 2013 and Pick Up in Later Years», 7 février 2013
: http://www.cbo.gov/publication/43914
[2] Chicago
Fed Letter «Estimating the trend rate of economic growth using the CFNAI», juin
2013 : http://www.chicagofed.org/digital_assets/publications/chicago_fed_letter/2013/cfljune2013_311.pdf
[3] Chicago Fed Letter «Estimating the
trend in employment growth», juillet 2013 : http://www.chicagofed.org/digital_assets/publications/chicago_fed_letter/2013/cfljuly2013_312.pdf
[4] Site Internet du FMI : http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/weo/2013/update/02/pdf/0713f.pdf
mercredi 17 juillet 2013
Économie chinoise : croissance soutenue, bien que moindre
L'économie chinoise continue de croître à un rythme soutenu ces temps-ci : croissance de 7,6 % du PIB au premier semestre de cette année par rapport à la même période en 2012. En outre, l'évolution mensuelle et semestrielle des indicateurs avancés du Conference Board pour cette économie laisse présager que ce rythme de croissance se maintiendra au cours des prochains mois.
Il y a bien des révisions à la baisse de ses perspectives de croissance, mais elles ne sont pas majeures. Le FMI prévoyait le 9 juillet dernier que le PIB chinois croîtrait de 7,8 % en 2013 et de 7,7 % en 2014. La Banque du Canada avançait des taux respectifs de 7,4 % et 7,3 % dans ses projections publiées le 17 juillet. Ces estimations ne divergent pas de façon significative de l'objectif de croissance de 7,5 % retenu par le gouvernement chinois.
Dans un contexte de fragilité de la demande extérieure, la Chine prend progressivement le virage d'une économie dépendante des exportations vers la consommation intérieure pour assurer sa croissance. En outre, les autorités gouvernementales semblent s'intéresser plus qu'auparavant au développement durable à la suite d'épisodes de pollution extrême.
Il y a bien des révisions à la baisse de ses perspectives de croissance, mais elles ne sont pas majeures. Le FMI prévoyait le 9 juillet dernier que le PIB chinois croîtrait de 7,8 % en 2013 et de 7,7 % en 2014. La Banque du Canada avançait des taux respectifs de 7,4 % et 7,3 % dans ses projections publiées le 17 juillet. Ces estimations ne divergent pas de façon significative de l'objectif de croissance de 7,5 % retenu par le gouvernement chinois.
Dans un contexte de fragilité de la demande extérieure, la Chine prend progressivement le virage d'une économie dépendante des exportations vers la consommation intérieure pour assurer sa croissance. En outre, les autorités gouvernementales semblent s'intéresser plus qu'auparavant au développement durable à la suite d'épisodes de pollution extrême.
jeudi 13 juin 2013
Le Japon compensera-t-il pour la Chine?
La Chine pourrait connaître au cours des prochains mois
une légère atténuation de sa croissance, bien que cela ne l’empêche pas
d’obtenir des résultats économiques suscitant l’envie chez bien d’autres pays.
Dans ces circonstances, le Japon pourrait compenser en
contribuant davantage qu’auparavant à la croissance mondiale.
Déjà, au premier trimestre de cette année, le PIB
japonais a augmenté de 1 % (4,1 % en rythme annuel). Les plus récents indices
des indicateurs avancés mensuels du Japan
Cabinet Office, du Conference Board
et de l’OCDE laissent croire que la croissance sera soutenue au cours des
prochains mois. Il en est de même des résultats des enquêtes mensuelles
(indices PMI) de Markit Economics auprès
des gestionnaires d’approvisionnement des entreprises de la fabrication et des
services.
Le Japon, pour diverses raisons, nous a cependant
habitués à des fluctuations importantes de ses résultats économiques que ce soit sur une base trimestrielle ou annuelle. C’est
probablement pourquoi le FMI et l’OCDE, bien qu’ayant révisé à la hausse leurs
projections de croissance de ce pays, demeurent prudents en prévoyant une
croissance plutôt modeste, soit 1,6 % en 2013 et 1,4 % en 2014. La moyenne des
estimations des organismes consultés mensuellement par The Economist va dans le même sens ainsi que la plus récente
projection semestrielle de la Banque mondiale publiée le 12 juin.
Pour l’instant, la stratégie de stimulation de l'économie et de lutte à la déflation du gouvernement japonais insuffle une
nouvelle dynamique et donne du mordant et de la traction à la croissance. Assouplissement
monétaire de grande ampleur, augmentation des dépenses publiques, notamment en
projets d’infrastructures et de reconstruction, et réformes en vue de favoriser la croissance se
conjuguent pour donner un nouvel élan. Pourraient aussi s’ajouter des mesures
fiscales, bien que ce soit plus difficile à envisager étant donné la nécessité
de s’attaquer plus tôt que tard au double problème du déficit et de la dette
publics.
Tout compte fait, les projections des organismes mentionnés
ci-dessus pourraient bien n’être qu’un pâle reflet de la croissance à venir.
Le gouvernement du premier ministre Abe
pourrait bien réussir là où les précédents ont échoué ou manqué de chance. Qui
sait? Toutefois, il ne faut pas non plus pécher par excès d’optimisme. D’ailleurs,
à titre d'exemple, après quelques mois d’exubérance, les investisseurs en bourse au Japon semblent
se raviser ces temps-ci.
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