dimanche 16 avril 2023

Économie mondiale : perspectives à court terme, selon le FMI

 Lutte à l'inflation, perturbations financières, tensions géopolitiques, dont l'invasion russe en Ukraine, et reliquats de trois ans de pandémie pèsent sur les perspectives économiques à court terme, selon le Fonds monétaire international (FMI). En 2023, les pays émergents et en développement, pris comme un tout, pourraient connaitre une progression de 3,9 % de leur production et les pays avancés de seulement 1,3 %. Il en résulterait une croissance de 2,8 % du PIB réel mondial, toujours selon le FMI. En 2024, il y aurait une modeste amélioration, la croissance mondiale étant estimée, pour l'instant, à 3,0 %.

Lien vers les Perspectives de l'économie mondiale, publiées en avril 2023

dimanche 19 mars 2023

Les risques de récession aux États-Unis

 Les risques de récession sont encore bien présents aux États-Unis, selon les indicateurs précurseurs de l'évolution de l'économie de ce pays. En effet, l'indice des indicateurs avancés du Conference Board s'est de nouveau inscrit en baisse en février dernier, d'après les données publiées le 17 mars par cet organisme. Huit des dix indicateurs de cet indice étaient en baisse ou au neutre le mois dernier.

dimanche 5 mars 2023

« Le pouvoir de la destruction créatrice » de Philippe Aghion, Céline Antonin et Simon Bunel

 

Joseph A. Schumpeter a décrit ainsi « Le processus de destruction créatrice » : le capitalisme n’est pas que concurrence;  « nous avons affaire à un processus d’évolution » où les éléments existants sont détruits par la création de neufs sur les plans de la consommation, de la production, du transport, de l’ouverture de marchés, de l’organisation industrielle, etc. « Ce processus de Destruction créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme…».[1] L’innovation est l’assise de ce processus. Elle est le « perennial gale of creative destruction ». L’entrepreneur innovant était d’ailleurs au cœur de la Théorie du développement économique de Schumpeter.[2]

Schumpeter a énoncé en sept pages sa conception du processus de destruction créatrice en économie. Dans leur livre, Aghion, Antonin et Bunel ont consacré près de 400 pages à la validation du modèle schumpétérien de la croissance par l’innovation. Ils l’ont examiné de multiples angles, comme la concurrence, l’emploi, le chômage, l’industrialisation, la finance, le rattrapage des pays riches par les pays pauvres, les inégalités, l’environnement, la santé et le bonheur. Leur livre abonde en exemples pour faciliter au lecteur la compréhension des diverses facettes de la destruction créatrice. Aussi,  ils  préfèrent nettement le modèle schumpétérien à celui néoclassique de Robert Solow de la croissance fondée sur l’accumulation du capital.

Par ailleurs, les auteurs insistent sur les liens essentiels entre marché, État et société civile ainsi qu’à l’importance de mieux « réguler » le capitalisme, plutôt que de chercher à le « dépasser », pour maximiser les retombées de l’innovation sur la prospérité à long terme.

En guise de conclusion, voici un extrait de leur livre : « Le pouvoir de la destruction créatrice réside avant tout dans sa formidable capacité à générer de la croissance. C’est bien la destruction créatrice qui a hissé nos sociétés à des niveaux de prospérité inimaginables il y a à peine deux cents ans. Le défi est alors de mieux appréhender les ressorts de ce pouvoir pour ensuite l’orienter dans la direction que l’on souhaite. » (page 10)



[1] Schumpeter, Joseph Alois. « Capitalisme, socialisme et démocratie ». Payot, 1972. Pages 113 à 120.

[2] Heilbroner, Robert L. « The worldly philosophers : The lives, times, and ideas of the great economic thinkers ». Simon & Schuster, 7ième edition. Pages 288 à 310. 



 

Aghion, Philippe et al. « Le pouvoir de la destruction créatrice ». Éditions Odile Jacob, 2020. 396 pages.

samedi 4 février 2023

Coup d'oeil à l'économie américaine : février 2023

 Le rythme de progression de l'emploi continue de surprendre aux États-Unis. La production, quant à elle, a connu un bon deuxième semestre l'an dernier, après une contraction de l'activité au premier. Le PIB réel était d'ailleurs, en fin d'année, nettement plus élevé qu'à la fin de 2021.

En janvier dernier toutefois, l'activité dans le secteur privé se serait contractée tant dans la fabrication que les services, selon les enquêtes auprès des gestionnaires d'approvisionnement de S&PGlobal.

Quant aux indicateurs avancés du Conference Board, ils envoient de nouveau des signaux de récession au cours des prochains mois.

Emploi : données du Bureau of Labor Statistics

PIB : données du Bureau of Economic Analysis

Communiqué du 3 février de S&PGlobal

Communiqué du Conference Board concernant les indicateurs avancés


mardi 13 décembre 2022

Québec, ralentissement suivi d'une reprise en 2023

 L'Indice précurseur Desjardins laisse présager une «détérioration importante » de l'économie québécoise au cours des mois à venir. Les économistes de cette institution financière prévoient toutefois une contraction de seulement 0,2 % du PIB l'an prochain dans leurs Prévisions économiques et financières publiées le 12 décembre, ce qui laisse croire qu'il y aura reprise, bien que « timide », au deuxième semestre de 2023. Leur projection pour 2022 est à 2,9 %.

Le ministère des Finances du Québec prévoit plutôt une croissance de 3,1 % cette année et de 0,7 % en 2023, selon sa Mise à jour économique et financière publiée le 8 décembre.

lundi 14 novembre 2022

Coup d'oeil à l'économie mondiale : novembre 2022

 Les enquêtes auprès des gestionnaires d'approvisionnement des entreprises indiquent qu'en octobre dernier «...the downturn in global economic activity extended into its third successive month, with the service sector rejoining manufacturing in contraction territory. » Les nouvelles commandes laissent croire que la contraction de l'activité se poursuivra du moins à court terme.

Les indicateurs avancés de l'OCDE «...continuent d’indiquer un infléchissement de la croissance dans la zone OCDE et dans la plupart des grandes économies.»

Rappelons qu'en octobre dernier, les Perspectives de l'économie mondiale du FMI  signalaient que « L’activité économique mondiale subit un ralentissement généralisé et plus marqué qu’attendu...». Le titre du Rapport sur la stabilité financière dans le monde de cette organisation se lisait comme suit : « Des chocs en cascade sont venus exacerber les menaces pesant sur la stabilité financière mondiale. »

Enfin, dans un blog, publié le 13 novembre, Tryggvi Gudmundsson du FMI écrit : « While there are multiple headwinds weighing on growth, further policy tightening is expected amid the need to bring down elevated inflation ».

Le pessimisme a donc le dessus sur l'optimisme en ces temps difficiles pour l'économie mondiale. 



samedi 30 juillet 2022

Économie du Québec : ralentissement de la croissance

 L'Indice précurseur Desjardins laisse présager un ralentissement important du rythme de croissance de l'économie du Québec au cours des prochains mois. En juin dernier, les économistes de cette institution financière prévoyaient pourtant une croissance de 3,3 % du PIB réel cette année. Voyons ce qu'il en sera lors de la prochaine mise à jour de leur prévision.

lundi 6 juin 2022

Le rythme d'expansion de l'économie mondiale...

 ...est demeuré solide en mai, en excluant la Chine où la contraction de l'activité s'est poursuivie pour un troisième mois consécutif, selon les résultats des enquêtes mensuelles auprès des gestionnaires d'approvisionnement des entreprises (PMI).

Lien vers le communiqué du 6 juin de S&P Global

dimanche 15 mai 2022

Le pouls de l'économie mondiale, mai 2022

 Les plus récentes enquêtes mensuelles auprès des gestionnaires d'approvisionnement des entreprises indiquent que le rythme d'expansion de l'économie mondiale a ralenti en avril dernier, en raison, en particulier, de la contraction de l'activité en Chine.

Les indicateurs avancés de l'OCDE, publiés le 10 mai, laissent présager une atténuation de la croissance en Europe et une croissance stable dans la zone OCDE dans son ensemble. 

Rappelons  qu'en avril dernier, les économistes du Fonds monétaire international ont révisé à la baisse leurs perspectives de croissance de l'économie mondiale pour cette année et l'an prochain.

Pandémie, difficultés dans les chaines d'approvisionnement, guerre en Ukraine et fin graduelle de l'expansion monétaire continuent de peser sur les résultats et les perspectives économiques.

mercredi 9 février 2022

Coup d'oeil à l'économie mondiale, février 2022

 L'expansion de l'économie mondiale a ralenti en janvier dernier, selon les résultats des enquêtes de IHS Markit auprès des gestionnaires d'approvisionnement des entreprises, publiés le 3 février. Le rythme d'expansion était à son plus bas en un an et demi, selon cette source. 

Quant aux indicateurs avancés de l'OCDE, publiés le 9 février, ils «...continuent d'indiquer une croissance modérée dans plusieurs grandes économies » au cours des mois à venir.

Dans sa mise à jour des perspectives économiques mondiales, publiée en janvier dernier, le FMI prévoit que la production mondiale devrait progresser de 4,4 % en 2022. Ses économistes précisent toutefois que « Les aléas entourant le scénario de référence mondial sont orientés à la baisse. »